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Sortilèges sonnores...
    The Girl in the other room

krall.jpgDiana Krall fait un pas hors du cercle enchanté et protecteur des standards, elle prend ses risques. Son public la suivra-t-il ? Il le devrait, pour bouger lui-même. La rencontre inattendue avec le compositeur Elvis Costello est une chance pour nous aussi. On admire autant son écriture vive et mordante ainsi que ses mélodies luxueuses.

« Stop this world », dit la première chanson (de Mose Allison), très jazz (elle commence comme le thème du générique de L'Homme au bras d'or). C'est le morceau supposé assurer pour le public la transition entre la jazzwoman enjouée et sexy et cette nouvelle femme qui s'avance, plus mûre, plus artiste, « moins look of love » du génialissime Burt Bacharach.

Son jeu au piano est plus sûr, la voix s'est affermie, à gagner en gravité mais elle a toujours ce grain qui affole, ces inflexions qui caressent ou fouettent, mais l'autorité avec laquelle elle se place sur la mesure est désormais celle d'une grande chanteuse... de jazz.

La chanson suivante, The Girl in the other room, est un morceau sur lequel Dieu pleure quand personne ne le regarde… C’est déjà un hit, parce que la mélodie s'imprime, hante, et qu'une touche d'ironie évite le pathétique. Ensuite, on va traverser plusieurs couleurs, avec une dominante bleue, celle du tournant d'une vie, avec des adieux et une expression proche de l'autobiographie musicale.

Diana Krall
The girl in the other room
verve

Posté par Bertrand le jeudi 24 juin à 9:53

Des mots & des mets...
    Comment lire une carte de restaurant

menu.jpgManger au restaurant est une des seules activités qui fasse à la fois appel à tous nos sens mais aussi sollicite nos moteurs spéculatifs face à un nouveau plat. Un menu peut être considéré comme l’amorce à ces différents mécanismes de spéculations. Face à ce déchaînement de stimulus, il faut faire le point. Apprenez à lire une carte de restaurant :

Leçon 1 : le plan langue.

  • Ambroisie de dinde aux pruneaux* : Foutage de gueule

  • Balsamique : Parfois vinaigre, souvent attrape-mouche.

  • Cœur de cabillaud* : c’est mieux que pieds de porc.

  • Consomé d'algue* : Authentique.

  • Crème de balsamique* : Tarte à la crème.

  • Crème de chlorophylle* : uniquement si c’est de l’Hollywood. Voir aussi : Fraîcheur de vivre et de légumes.

  • Cross Over: Nouvelle tendance à la mode dans peu de temps. Consiste à mêler un peu de n'importe quoi avec beaucoup de tout.

  • Chroniqueur gastronomique: raté obligé de se taper de l’ambroisie de dinde, un poulet au coca, un moelleux à la fraîcheur de chocolat en croûte de crème brûlée et ne se sentant pas le droit de payer.

  • Etoile : voir petit livre rouge.

  • Fusion food: courant déjà dépassé de la bouffe globale qui consiste à mêler un peu de tout avec beaucoup de n'importe quoi. Le sommet fut atteint avec le poulet au Coca*. Ringard.

  • Fraîcheur de légumes* : imaginez l’inverse. Juste pour le fun ; goûtez notre pourri de légumes.

  • Fraîcheur de vivre : Voir chewing-gum.

  • Fromages : Parents pauvres.

  • Huile aux truffes : Si souvent « de truffes » que j’ai envie de posséder un moulin. Si peu souvent à la truffe que je fais une allergie au synthétique.

  • Huile d’olive : Bouteille italienne mise en avant dans la salle et bidon grec en cuisine

  • Jus à l’encre de sèche* : gaffe au mégot…

  • Langoustine du Guilvinec : Petit crustacé décapode à très très forte capacité de reproduction en saison.(le nom du port est interchangeable)

  • Loundge : Truc à la mode il y a dix ans à Londres, cinq à Paris et deux à Bruxelles.

  • Moelleux au chocolat* : bouée pour chef en manque de créativité.

  • Moelleux au chocolat fourré de crème brûlée* : et une fraîcheur de fruits en coulis continu ?

  • Orthographe : Truc à la mode il y a cent ans à Londres, cinquante à Paris et trente à Bruxelles. Totalement dépassé.

  • Persillade d'ail* : Aillade au persil ?

  • Petite : Adjectif extrêmement répandu chez les restaurateurs.

  • Petite dégustation, petite entrée, petite bite, grosse addition.
  • Petite poêlee de coquilles de mer coriandre* : RE-authentique

  • Pique-assiette : Voir chroniqueur gastronomique

  • Piment d’Espelette* : poudre rouge pour les yeux surtout

  • Produit d’origine : Traçabilité version gastronomique

  • Saumon massé à la Rodenbach et herbettes* : Toujours mieux que le maquereau de Hollande caressé dans le sens du poil.

  • Sushi* : Souvent de quoi s’en faire.

  • Tartare* : Pseudo pour jouer un Américain à Paris.

  • Tarte Tatin* : Pas loundge du tout, même avec deux belles boules. De glace.

  • Terroir : Caisse ?

  • Thon rouge germon mi-cuit au Sancho* : Et son don qui shoote en croûte de sel.

  • Tombée de légumes* : Au champ d’honneur au moins.

  • Vitelotte négresse* : Patate tellement snobe qu’elle est mauve et pas blanche. Un comble à Bruxelles.

  • Wijnants : Dieu
Le comité de rédaction tient à remercier les nombreux restaurateurs qui ont inscrit à leur carte les appellations précédentes, reconnaissables à l’*. Toutes parfaitement authentiques et prélevées sur leur site internet. Merci, merci, merci et encore merci.

Posté par Eric Boschman le mardi 15 juin à 14:22

Bête de cène...
    Le filet de daurade royale grillé aux graines de sésame, confit de tomate.

daurade.jpgCette recette a été créée par les frères POURCEL installés à Montpellier, et qui se sont révélés parmi les meilleurs chefs de cuisine méditerranéenne. On la retrouve également dans leur livre Destination Cuisine. Plus qu’une ode aux papilles gustatives, leur projet gastronomique vise à se faire rencontrer les produits du monde dans une cuisine simple et riche de saveur…
Pour cette recette vous pouvez remplacer les tomates confites par des tomates séchées à l’huile vous gagnerez du temps car confire des tomates peut prendre jusqu’à trois heures. Vous pouvez accompagner ce plat d'un côtes de provence en blanc, comme par exemple, La Courtade de l'île de Porquerolle que l'on trouve chez les bons cavistes.

INGREDIENTS

  • 2 daurades royales de 800 g en filet.

  • 80 g de graines de sésame grillées.

  • 50 g d'huile d'olive.

  • 100 g d'huile de sésame grillé.

  • 4 dl de vinaigre balsamique.

  • 4 feuilles de menthe fraîche en julienne.

  • 12 feuilles de coriandre fraîche en julienne.

  • 100 g de tomates séchées au four.

  • 100 g d'olives niçoises dénoyautées.

  • sel fin, poivre blanc moulu.

Progression

    desti cuis.jpg
  • Faire réduire le vinaigre balsamique à feu doux pour obtenir un sirop.

  • Mélanger avec l'huile de sésame.

  • Réserver au frais.

  • Hacher grossièrement les tomates confites et les olives, mélanger.

  • Mettre à chauffer au bain marie avec 3 cuillères à soupe d'huile d'olive.

  • Assaisonner si besoin.

  • Retirer aux quatre filets de daurade la peau, les assaisonner de sel et de poivre.

  • Recouvrir la surface des filets (ex côté peau) de graines de sésame, bien les presser pour faire adhérer les graines.

  • Les faire ensuite colorer (côté sésame uniquement) dans une poêle non adhérente chaude avec un trait d'huile d'olive.

  • Retirer du feu dès la première coloration.

  • Ensuite disposer les filets sur un plat huilé, mettre à cuire au four à 140° (therm. 4/5) pendant 6 minutes environ.

  • Disposer au centre de chaque assiette 2 cuillères de mélange tomate olive. Poser dessus les filets de daurade.

  • Mélanger à la vinaigrette la julienne de menthe et de coriandre.

  • Napper tout le tour du poisson.

  • Truc, pour sécher les tomates; Emonder, épépiner, couper en quartier les tomates. Les disposer sur une plaque allant au four, les saler à la fleur de sel, les arroser d'huile d'olive et les mettre au four pendant trois heures à 120°.

Posté par Bertrand le lundi 7 juin à 10:13

Expo tendances...
    Ultra moderne solitude

Edward Hopper a été un des premiers peintres américains à faire de l'«american way of life» à la fois le contenu et le prétexte d'un vocabulaire pictural nouveau, Hopper marquera durablement le réalisme américain, mais aussi les artistes du pop art et de l'hyperréalisme. Jetant un regard apparemment objectif et froid sur la société américaine de l'entre-deux-guerres, il s'attache en fait à souligner la solitude de l'individu dans les grandes villes, mais aussi dans son intimité. Le tableau ici reproduit pour l’occasion doit figurer dans une garçonnière sur deux en Belgique, parmi la masse indistincte de bipède volubile que composent les célibataires de tous horizons.

Ses cadrages sont souvent inspirés de ceux du cinéma, qu'il met en abîme en offrant des scènes vues de l'intérieur, ou de l'extérieur d'une fenêtre. De petits groupes de gens semblent d'autant plus isolés qu'ils sont représentés dans des endroits habituellement remplis, et dès lors étrangement désertés: cinémas, bars, métro, bureaux, rue la nuit dans Rôdeurs nocturnes (Nighthawks, 1942). Quel bonheur pour l’esthète de voir les couleurs vivement contrastées, la lumière toujours crue soulignant les lignes géométriques de l'architecture et le sujet qui semble prétexte à structurer le tableau par la réduction des détails… on dirait qu’il a inspirer la ballade de Jim à Souchon.

Hopper travaille essentiellement comme illustrateur commercial, réalisant une brillante série de pointes sèches et d'eaux-fortes (Night Shadows 1921), puis de gravures, avant de se consacrer à la peinture en 1920. C'est son travail à l'aquarelle, commencé en 1923 et exposé en 1924, qui le fait connaître. Formé à la New York School of Arts (1900-1906) auprès de Kenneth Hayes Miller et de Robert Henri, qui lui fait découvrir Courbet, Manet et Degas, Hopper fait entre 1906 et 1910 de fréquents voyages en Europe. Il séjourne longtemps en France, pays auquel il restera attaché, sans toutefois être marqué par les mouvements d'avant-garde qui s'y développent.

Il vous faudra de nouveau vous rendre en week-end à Londres et donc annuler un ou deux barbecues pour profiter de cette exposition se tenant jusqu’au 5 septembre à la moderne TATE. C’est fou comme Londres est attirante et dépaysante… Essayez, Vraiment !

Posté par Bertrand le mercredi 2 juin à 21:59

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