« janvier 2005 | PAGE PRINCIPALE | mai 2005 »
Expo tendances...
    Merveilleuse rencontre

moebius.jpgUn écrin Louis-XV pour deux œuvres modernes et féeriques. C'est au Musée de la monnaie, à Paris, qu'a lieu la rencontre de Miyazaki avec Moebius. Le maître de l'animation japonaise, père de Chihiro et Princesse Mononoké, partage les cimaises avec un grand illustrateur français, plus connu sous le nom de Jean Giraud.

Pour la 1ère fois au monde, 2 artistes majeurs dévoilent leur collection personnelle de dessins. Moebius et Hayao Miyazaki recherchent le renouvellement scénaristique et se sentent profondément concernés par le devenir de l'être humain. Ils chargent leurs récits de propos humanistes, écologiques et spirituels. Cette exposition allie la beauté du corps et de l'âme, la maîtrise graphique et ses mondes imaginaires... Une exposition à plusieurs niveaux de lecture qui enchantera autant les petits que les grands à travers plus de 300 créations

Ouvert tous les jours, de 10h à 18h, et jusqu'à 22h le mercredi. GRATUIT POUR LES MOINS DE 6 ANS. Tarif "Famille" disponible en magasin. Billet journée et 1/2 journée les w/e.

Miyazaki et Moebius
Jusqu'au 13 mars 2005
Musée de la Monnaie
11, quai de Conti - 75006 Paris
Tél. : 01 40 46 56 66

Posté par Bertrand le jeudi 17 février à 11:23

Livraisons...
    En quoi croire ?

atheologie.jpgC'est devenu un créneau, depuis le 11 septembre 2001. La religion s'est installée au coeur du débat social et politique. Elle est sortie de la sphère privée pour envahir le champ public. Nicolas Sarkozy, qui veut récrire la loi de 1905, se signe devant les caméras au lancement d'un méthanier.

A la télévision, même Thierry Ardisson, le grand gourou de la dérision, avoue sa foi catholique, tandis que l'agnostique Michel Drucker n'hésite pas à demander gravement à tel invité: «Vous êtes croyant?» Gérard Depardieu, qui a lu saint Augustin à Notre-Dame, clame avoir «testé» tous les dieux (Vivant! chez Plon). Sur les stades, les sportifs rivalisent ostensiblement de prosternations et de signes de croix. Ce n'est pas la ferveur qui sidère, mais l'affichage. Insensiblement prospère l'idée que les dieux auraient tous les droits et que les religions seraient au-dessus de toute critique.

De quoi déchaîner Michel Onfray, philosophe «antiplatonicien» et hédoniste plein de santé. Dans un essai exaspéré (Traité d'athéologie, chez Grasset), il dénonce le mélange des genres - religieux et politique - dans nos sociétés dites laïques et démocratiques. En se défendant de tout mépris pour les croyants, il souligne le caractère irrationnel de leur foi: «De la pensée magique, dit-il, pour éviter de regarder le réel en face.» Quand il n'y a plus ni beaux discours, ni grandes idées, ni horizons très nets, on se raccroche à Dieu: «Plutôt une fable que rien.» Onfray prévient: «On ne tue pas un rêve, on n'assassine pas un subterfuge. Ce serait même plutôt lui qui nous tue: car Dieu met à mort tout ce qui lui résiste. En premier lieu la Raison, l'Intelligence, l'Esprit critique.» Loin d'être inoffensifs, les monothéismes sont dangereux, selon Onfray. Ils auraient généré «bien plus de batailles, de massacres, de conflits et de guerres que de paix», ils enseigneraient la haine de l'intelligence, la haine du corps, la haine des femmes.

Pour se consoler d'être mortels, et mettre de l'ordre dans leur chaos intime, certains ont choisi d'autres cultes - le développement de soi - et des demi-dieux: ces «gourous et charlatans» auxquels Roger-Pol Droit consacre un essai en forme de fiction: Votre vie sera parfaite, chez Odile Jacob. Mais, dans le miroir, assène l'auteur, on ne retrouve jamais que soi-même, lesté de quelques truismes. «Et si vous retrouviez votre liberté?» suggère-t-il. Michel Onfray ne dit pas autre chose. Mais lui propose, outre Epicure, une solution collective: militer fermement pour un athéisme «vraiment athée», nettoyé de ses influences judéo-chrétiennes. Le retour bruyant du religieux suscitera d'autres colères.

Michel Onfray, Traité d'athéologie, GRASSET, 2005

Posté par Bertrand le mardi 15 février à 12:33

Sortilèges sonnores...
    Jeune octogénaire

boulez.jpgAu seuil d'une année plus active que jamais, quelques nouveaux disques paraissent en forme d'hommage au chef et au compositeur.

«De ces trois concertos pour piano, se détachent nettement les deux premiers, œuvres fortes sinon capitales, le troisième n'étant que d'assez faible valeur.»

«Les concertos de piano sont pour moi l'un des points forts de la production de Bartók. On ne peut pas décrire le XXe siècle sans mentionner ces œuvres.»

Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, Boulez, octogénaire le 26 mars prochain, est loin d'en être un. Entre ces deux citations, près de cinquante ans séparent le jeune loup intransigeant et volontiers provocateur du chef d'orchestre internationalement confirmé, qui enregistre sans barguigner le 3e Concerto sur le même disque que les deux autres. Et qui le confie à une femme, la poétique Hélène Grimaud, se rappelant que Bartók l'avait écrit pour que son épouse ait un concerto à jouer après sa mort, plus mélodieux, moins abruptement percussif que les deux premiers.

Boulez dit avoir admiré chez Bartók la liberté issue de la tradition populaire, l'invention rythmique, et ces marteaux combatifs et conquérants qui l'ont influencé pour sa propre vision du piano. Impétuosité et puissance du geste mises à part, ses sonates participent pourtant d'un univers bien différent, éparpillant le clavier dans un jeu imprévisible et déconcertant, constellé de milliers de cellules, zébré de lignes brisées, ramifié en strates complexes. Les deux premières (1946-1948) sont le fait d'un musicien d'à peine plus de vingt ans, la troisième (1955-1957) d'un compositeur déjà célèbre à trente ans. Elles trouvent ici en Paavali Jumppanen un interprète d'une égale jeunesse, qui les fait bénéficier de ses coups de patte fougueux en même temps que d'une maîtrise impressionnante des dynamiques et des sonorités.

Les trois concertos pour piano
Bartók
Distributeur: Universal
Zimerman, Andsnes, Grimaud. CSO, BPO, LSO, dir. Pierre Boulez.
Deutsche Grammophon 477 5330

Lieder
Mahler
Distributeur: Universal
Quasthoff, Urmana, Von Otter. Wiener Philharmoniker, dir. Pierre Boulez.
Deutsche Grammophon 477 5329


Posté par Bertrand le mardi 15 février à 12:24

© Hedonsime - Designed by Bertrand/PaKaL - Hosting by Media Move - Routed by easyDNS