Sortilèges sonnores...
Absolutely Worthless Compared To Important Books
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Connue de tous, la propension du Nord à produire une pop aussi bondissante qu'anodine se découvre en Tiger Tunes de singuliers prosélytes.
Filtré par une électronique cheap, le rock épique de ces facétieux Danois consacre l'union d'une pop à la Fischerspooner avec les chants puissants de la scène alternative américaine. Truffé de bricolages en très basse résolution, serti d'hymnes accrocheurs et débridés, ce premier album éreintant résout l'équation rock et machines avec un allant irrésistible.
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Posté par Bertrand le mardi 31 mai à 8:31
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Sortilèges sonnores...
Jeune octogénaire
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Au seuil d'une année plus active que jamais, quelques nouveaux disques paraissent en forme d'hommage au chef et au compositeur.
«De ces trois concertos pour piano, se détachent nettement les deux premiers, œuvres fortes sinon capitales, le troisième n'étant que d'assez faible valeur.»
«Les concertos de piano sont pour moi l'un des points forts de la production de Bartók. On ne peut pas décrire le XXe siècle sans mentionner ces œuvres.»
Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, Boulez, octogénaire le 26 mars prochain, est loin d'en être un. Entre ces deux citations, près de cinquante ans séparent le jeune loup intransigeant et volontiers provocateur du chef d'orchestre internationalement confirmé, qui enregistre sans barguigner le 3e Concerto sur le même disque que les deux autres. Et qui le confie à une femme, la poétique Hélène Grimaud, se rappelant que Bartók l'avait écrit pour que son épouse ait un concerto à jouer après sa mort, plus mélodieux, moins abruptement percussif que les deux premiers.
Boulez dit avoir admiré chez Bartók la liberté issue de la tradition populaire, l'invention rythmique, et ces marteaux combatifs et conquérants qui l'ont influencé pour sa propre vision du piano. Impétuosité et puissance du geste mises à part, ses sonates participent pourtant d'un univers bien différent, éparpillant le clavier dans un jeu imprévisible et déconcertant, constellé de milliers de cellules, zébré de lignes brisées, ramifié en strates complexes. Les deux premières (1946-1948) sont le fait d'un musicien d'à peine plus de vingt ans, la troisième (1955-1957) d'un compositeur déjà célèbre à trente ans. Elles trouvent ici en Paavali Jumppanen un interprète d'une égale jeunesse, qui les fait bénéficier de ses coups de patte fougueux en même temps que d'une maîtrise impressionnante des dynamiques et des sonorités.
Les trois concertos pour piano
Bartók
Distributeur: Universal
Zimerman, Andsnes, Grimaud. CSO, BPO, LSO, dir. Pierre Boulez.
Deutsche Grammophon 477 5330
Lieder
Mahler
Distributeur: Universal
Quasthoff, Urmana, Von Otter. Wiener Philharmoniker, dir. Pierre Boulez.
Deutsche Grammophon 477 5329
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Posté par Bertrand le mardi 15 février à 12:24
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Sortilèges sonnores...
Capital bonheur
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Sur son sixième recueil de chansons, l'ex-Talking Heads parfait son écriture luxuriante, naviguant d'une voix leste entre ironie et lyrisme.
Pionnier d'une fusion très arty de guitares rock et de rythmiques noires, pendant ludique de la new-wave britannique, le groupe new-yorkais a donné pendant dix ans le «la» en matière de dynamisme et d'érudition pop.
Quinze ans après la dissolution des Talking Heads, David Byrne pourrait aisément capitaliser sur ce retour en grâce et reformer, comme tant d'autres, son groupe vache à lait. Seulement voilà, l'homme a grandi, même «à reculons», et ses chansons d'aujourd'hui n'ont sans doute en commun avec celle de ses vingt ans si ce n'est la souplesse du jeu et les amours pour les influences ethniques.
Fasciné depuis longtemps par Caetano Veloso, David Byrne vient de faire cause commune en scène avec le demi-dieu brésilien. Et son nouvel album partage avec le récent A Foreign Sound de Veloso une vision politique de la chanson américaine. En témoignent ses notes de pochettes, alliant à quelques récits de rêves insolites l'évocation des circonstances de sa composition: «Pendant tout ce temps [...] il y a eu deux guerres, l'une par vengeance, l'autre pour consolider des intérêts pétroliers. Comme beaucoup, j'ai fait de mon mieux pour stopper la seconde, mais cela semblait inéluctable, la conséquence malheureuse d'une nation encore sous le choc. Pendant tout ce temps, j'ai rêvé.»
Rêverie politique, donc, à la manière affective d'un John Lennon. Recherchant l'essence de la chanson américaine – avec la certitude d'y trouver, comme Veloso, l'essence de l'Amérique elle-même –, David Byrne compose avec Grown Backwards un retour aux mélodies fines de Broadway. Pas de reprise antique cependant dans ce recueil d'airs nouveaux, sinon auprès des compositeurs classiques, Verdi et Bizet en tête, choisis pour leur lyrisme enchanté. En quête de noblesse américaine, définie par ses rêves de grandeur et son imaginaire joyeux, David Byrne emprunte encore au Bahianais l'instrumentation hybride de Livro (1998), mêlant cordes classiques et percussions latines. Soyeux et tendre, cet habillage sied à merveille à la beauté des mélodies nouvelles de Byrne. Sans jamais perdre son art expert de l'ironie et des juxtapositions lexicales, le musicien laisse libre cours à sa verve la plus émotionnelle, se révélant dans l'exercice un chanteur de plus en plus poignant.
Fondateur en 1988 du label world Luaka Bop, l'homme s'est en effet employé depuis lors à partager sa passion pour les musiques du monde les plus aventureuses, livrant une vision plus fantasque d'un univers exploré simultanément par son contemporain Peter Gabriel. La liberté de ton qu'il a gagnée au passage nourrit sa pop d'une énergie nouvelle. Le «Renaissance-man» new-yorkais assumant, au moment où l'Amérique en prend pour son grade, l'identité nationale de son écriture intime, brassant jazz, comédies de Tin Pan Alley et folklore Cajun dans un même élan jubilatoire.
GROWN BACKWARDS, David BYRNE,
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Posté par Bertrand le mardi 16 novembre à 16:24
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Sortilèges sonnores...
Le deuxième tour de Bebel
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Bebel Gilberto poursuit sa reconfiguration «pop-électro-jazz» de la bossa-nova. Deux fois fille de..., ça aide à se faire l'oreille, mais ça encombre: dans les gènes de Bebel, João Gilberto le père, Miucha la mère, deux incontournables de la musique brésilienne. Baby Bebel a bien dû trouver comment détourner l'attention. Elle a pris son temps, avant de frapper un grand coup avec Tanto Tempo en 2000.
Il est là, il porte juste son nom, son petit deuxième tout rose, souriant de son destin de disque fait pour vous rendre la vie légère et dansante. Gagné, donc. Bebel Gilberto a signé neuf titres, emprunté trois autres à Caetano Veloso («Baby», manifeste en 1968 de la bonne correction flanquée par le rock aux fadeurs de l'époque) et à Carlinhos Brown, qui signe l'envoûtant «Aganjú», sur lequel Bebel invite Miucha.
La bossa est là, comme indispensable terreau musical, mais délocalisé avec précaution du côté d'une pop de luxe. Aidée par Marius de Vries (arrangeur de Madonna, Björk, Radiohead...) qui a griffé d'électricité stylée cet opus flatteur et délicieusement sucré. Un archétype?: le très chic «Cada Beijo», qui agglomère sous le vernis la base harmonique de «Summertime», des flûtes «jobimesques», ainsi que des sonnettes reptiliennes et une harpe onirique révélant leur parenté avec les arrangements réalisés par de Vries pour la fée Gudmundsdóttir.
Pour situer: élégante humeur de la bossa, jazz en filigrane, électro de camouflage, et jeu de citations des grands de Bahia. Le tout unifié sous la bannière vocale de Bebel, souffle soufflé – bossa oblige –, timbre de soie pour musique liquide.
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Posté par Bertrand le lundi 27 septembre à 11:15
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Sortilèges sonnores...
The Girl in the other room
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Diana Krall fait un pas hors du cercle enchanté et protecteur des standards, elle prend ses risques. Son public la suivra-t-il ? Il le devrait, pour bouger lui-même. La rencontre inattendue avec le compositeur Elvis Costello est une chance pour nous aussi. On admire autant son écriture vive et mordante ainsi que ses mélodies luxueuses.
« Stop this world », dit la première chanson (de Mose Allison), très jazz (elle commence comme le thème du générique de L'Homme au bras d'or). C'est le morceau supposé assurer pour le public la transition entre la jazzwoman enjouée et sexy et cette nouvelle femme qui s'avance, plus mûre, plus artiste, « moins look of love » du génialissime Burt Bacharach.
Son jeu au piano est plus sûr, la voix s'est affermie, à gagner en gravité mais elle a toujours ce grain qui affole, ces inflexions qui caressent ou fouettent, mais l'autorité avec laquelle elle se place sur la mesure est désormais celle d'une grande chanteuse... de jazz.
La chanson suivante, The Girl in the other room, est un morceau sur lequel Dieu pleure quand personne ne le regarde… C’est déjà un hit, parce que la mélodie s'imprime, hante, et qu'une touche d'ironie évite le pathétique. Ensuite, on va traverser plusieurs couleurs, avec une dominante bleue, celle du tournant d'une vie, avec des adieux et une expression proche de l'autobiographie musicale.
Diana Krall
The girl in the other room
verve
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Posté par Bertrand le jeudi 24 juin à 9:53
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Sortilèges sonnores...
Une conversation entre confort et quiétude
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Brad Meldhau est de retour avec les membres de sa formation, Larry Grenadier (contrebasse) et Jorge Rossy (batterie). Son précédent album, Largo, produit par l’esthète californien Jon Brion, était un épisode éclairant sur son parcours musical. Des arrangements bruitistes, des boucles discrètes, son jeu était resté ce qu’il est depuis toujours, retenu et empreint de romantisme. Sa formation classique et l’influence de Bill Evans y sont pour quelquechose.
Pas de révolte, de colère ou de conflit dans son jeu, une bulle naïve et tendre marque d’entrée le splendide Anything Goes de Cole Porter. S’extraire de l’urgence pour mieux marqué le temps. Lunaire et parfois vaporeux, le jeu est comme le personnage, hors du monde, contribue à y insuffler sa part de douceur. A partir de morceaux empruntés à Henry Mancini aussi bien qu’à Charlie Chaplin, Hoagy Carmichael, Paul Simon ou Radiohead (son groupe favori), le trio propose des interprétations nuancées des standards choisis du jazz ou de la pop.
Quand il s’attaque au Skippi de Monk, on est désarçonné car il y a là le choc de deux langages expressifs très distincts celui du maître, du créateur porteur de l’influence Piano jazz et l’interprète de génie. Le travail des musiciens est impeccable : écoute et supension donnent à cet album un je ne sais quoi crépusculaire
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Posté par Bertrand le mardi 25 mai à 14:41
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